Insomnie d’endormissement : quand le corps refuse de lâcher prise

Femme souffrant d'insomnie d'endormissement allongée dans son lit les yeux ouverts malgré la fatigue

Il y a un moment précis que beaucoup de femmes vivent en silence : celui où, malgré une fatigue intense, le corps refuse de s’endormir.

Vous êtes épuisée.
Pourtant, lorsque vous vous glissez dans votre lit et fermez les yeux, rien ne se passe.

Le corps reste en tension.
Progressivement, les pensées commencent à défiler.
Ensuite, les minutes s’accumulent sans que le sommeil n’arrive.

Ce phénomène porte un nom précis : l’insomnie d’endormissement. En effet, il ne s’agit pas d’un simple « manque de sommeil », mais plutôt d’une incapacité du corps à basculer vers le repos, même lorsque la fatigue est là.

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, sachez que vous n’êtes pas seule. De plus, cela ne signifie pas que vous avez un défaut ou que vous « pensez trop ». En réalité, c’est votre système nerveux qui demande de l’aide.

Qu’est-ce que l’insomnie d’endormissement exactement ?

L’insomnie d’endormissement désigne une difficulté récurrente à trouver le sommeil au moment du coucher, malgré une fatigue évidente. Contrairement aux réveils nocturnes qui surviennent au milieu de la nuit, cette forme d’insomnie se manifeste dès le début de la nuit.

Différence entre insomnie d’endormissement et réveils nocturnes

Ces deux troubles du sommeil n’ont pas la même origine corporelle.

D’une part, l’insomnie d’endormissement apparaît lorsque le système nerveux reste en état d’alerte au moment précis où il devrait s’apaiser. Ainsi, le corps ne parvient pas à enclencher la transition vers le sommeil.

D’autre part, les réveils nocturnes surviennent après que le sommeil a déjà commencé. Dans ce cas, ils sont souvent liés à un pic de stress ou d’adrénaline qui réactive brutalement le corps en pleine nuit.

👉 Pour comprendre ce mécanisme des réveils nocturnes, vous pouvez lire l’article sur les réveils à 3h du matin.

Par ailleurs, chez certaines femmes, les deux peuvent coexister : difficulté à s’endormir, puis réveils multiples. Généralement, cela indique un système nerveux profondément mobilisé.

Les 3 signes d’une vraie insomnie d’endormissement

1. Vous êtes fatiguée physiquement, mais le sommeil ne vient pas
Bien que le corps semble épuisé, une tension intérieure maintient néanmoins l’éveil. Ainsi, vous attendez que le sommeil arrive, mais il ne se déclenche pas.

2. Les pensées s’activent précisément quand vous vous couchez
Ce n’est pas que vous « réfléchissez trop » toute la journée. En fait, c’est au moment où tout se calme que le mental s’emballe. D’ailleurs, les pensées peuvent être floues, sans logique claire, simplement une agitation diffuse.

3. Le temps d’endormissement dépasse régulièrement 30 minutes
Si vous mettez systématiquement plus d’une demi-heure à vous endormir, plusieurs soirs par semaine, cela traduit donc un déséquilibre dans la capacité du corps à lâcher prise.

Pourquoi le corps refuse-t-il de lâcher prise le soir ?

L’insomnie d’endormissement n’est pas un problème de volonté. En réalité, elle révèle un état du système nerveux qui n’arrive plus à passer du mode « action » au mode « repos ».

Le rôle du système nerveux dans l’endormissement

Pour que le sommeil survienne naturellement, le système nerveux doit basculer du mode sympathique (activation) vers le mode parasympathique (récupération).

Cependant, lorsque ce passage ne se fait pas, le corps reste en vigilance.
Par conséquent, les muscles ne se relâchent pas complètement.
De plus, la respiration reste courte.
Finalement, le rythme cardiaque ne ralentit pas suffisamment.

Il faut noter que ce blocage n’est pas conscient. Vous ne « choisissez » pas de rester éveillée. En effet, c’est une réaction automatique du corps face à une charge qu’il perçoit comme non résolue.

Quand l’hypervigilance empêche le sommeil

L’hypervigilance est un état dans lequel le corps reste en alerte pour « surveiller » l’environnement, même en l’absence de danger réel.

Cet état apparaît fréquemment après :

  • une période de stress prolongé,
  • une relation émotionnellement lourde,
  • un événement déstabilisant,
  • ou simplement une charge mentale accumulée sur la durée.

En outre, chez beaucoup de femmes, cette charge mentale accumulée au fil du temps maintient le corps en vigilance et empêche directement l’endormissement.

Le soir, quand les distractions extérieures disparaissent, le corps tente de « finir » ce qu’il n’a pas pu traiter dans la journée. Malheureusement, il ne sait pas comment. Par conséquent, il reste simplement… éveillé.

Le lien avec la charge mentale accumulée

La charge mentale ne s’arrête pas quand vous posez votre téléphone ou que vous éteignez la lumière.

Au contraire, elle reste présente dans le corps sous forme de tension diffuse.

Peut-être avez-vous :

  • géré toute la journée pour les autres,
  • contenu une émotion difficile,
  • anticipé plusieurs scénarios simultanément,
  • maintenu une façade de contrôle alors que tout était fragile à l’intérieur.

Le soir venu, cette charge cherche une issue. Cependant, comme le mental ne trouve pas de solution concrète, il tourne en boucle.

👉 Pour approfondir ce lien, vous pouvez lire l’article sur la charge mentale et le sommeil.

Les zones du corps qui bloquent l’endormissement

Lorsque le corps ne parvient pas à s’endormir, certaines zones restent contractées. Or, ces tensions corporelles ne sont pas anodines : elles traduisent effectivement des émotions non exprimées ou des limites non posées.

Les trois zones corporelles affectées par l'insomnie d'endormissement : gorge serrée, plexus solaire contracté, ventre noué

La tension dans la gorge (non-dits)

La gorge se serre lorsque quelque chose n’a pas été dit.

Il peut s’agir d’une remarque que vous avez avalée, d’une limite que vous n’avez pas osé poser, ou encore d’une émotion que vous avez retenue pour ne pas « faire de vagues ».

Cette tension peut se manifester par :

  • une sensation de boule dans la gorge,
  • une difficulté à avaler,
  • une respiration qui ne descend pas complètement.

Tant que cette zone reste contractée, le corps perçoit un danger social : il reste donc en alerte.

Le plexus solaire contracté (surcharge)

Le plexus solaire, situé au centre de la poitrine, se tend lorsque vous portez trop.

Trop de responsabilités.
Trop de sollicitations.
Trop de choses à gérer sans soutien.

Cette zone réagit directement à la surcharge émotionnelle et mentale. Par conséquent, lorsqu’elle reste contractée le soir, le corps interprète cela comme un signal d’urgence : « Je ne peux pas me permettre de lâcher, il reste trop à faire. »

Le ventre noué (anticipation)

Le ventre se noue lorsque vous appréhendez.

Qu’il s’agisse d’appréhension du lendemain, de peur d’un conflit ou d’inquiétude face à une situation incertaine, cette tension abdominale active directement le système nerveux sympathique. Ainsi, tant qu’elle persiste, l’endormissement reste bloqué.

Les 4 erreurs qui aggravent l’insomnie d’endormissement

Lorsque le sommeil ne vient pas, beaucoup de femmes adoptent des réflexes qui, paradoxalement, renforcent le problème.

Erreur 1 : Se forcer à dormir

Plus vous essayez de « vous endormir », plus le corps se crispe.

En effet, le sommeil n’est pas une performance. Il ne se commande pas. Au contraire, il survient lorsque le système nerveux se sent suffisamment en sécurité pour relâcher.

Vouloir absolument dormir crée donc une pression interne qui maintient l’alerte.

Erreur 2 : Rester au lit en luttant

Rester allongée pendant des heures en espérant que le sommeil finisse par venir renforce une association négative entre le lit et l’insomnie.

Progressivement, le cerveau commence à associer le lit non pas au repos, mais à la lutte et à la frustration.

Si après 20-30 minutes vous ne dormez toujours pas, il est donc souvent plus bénéfique de sortir du lit quelques instants.

Erreur 3 : Regarder l’heure constamment

Chaque fois que vous regardez l’heure, vous activez une micro-alerte :
« Il est déjà 23h30 et je ne dors toujours pas. »
« Il est minuit, demain je vais être épuisée. »

Cette observation anxieuse du temps qui passe nourrit directement l’insomnie.

Erreur 4 : Culpabiliser de ne pas dormir

La culpabilité est une émotion qui maintient le corps en tension.

Se dire « Je devrais déjà dormir », « C’est ridicule, je suis épuisée », « Pourquoi je n’y arrive pas ? » ne fait qu’ajouter une charge émotionnelle supplémentaire.

En réalité, l’insomnie d’endormissement n’est pas un échec personnel. C’est simplement un signal du corps.

Cas vécu : quand l’insomnie d’endormissement devient quotidienne

Je pense à une femme que j’ai accompagnée récemment.

Active, organisée, très investie dans son travail et sa vie familiale, elle me disait :
« Je suis épuisée toute la journée. Cependant, dès que je me couche, mon corps se réveille. C’est comme si tout ce que j’ai retenu dans la journée remontait d’un coup. »

Elle ne faisait pas de crises visibles. Pas de panique. Juste un corps qui refusait systématiquement de lâcher prise.

En travaillant sur les tensions corporelles et la charge émotionnelle non exprimée, ses nuits ont commencé à changer. Pas du jour au lendemain, certes. Mais progressivement, le corps a cessé de rester en alerte.

Finalement, l’endormissement est redevenu plus naturel. Sans effort. Sans lutte.

Que faire concrètement quand le corps refuse de s’endormir ?

L’objectif n’est pas de « réussir » à dormir, mais plutôt de permettre au corps de relâcher l’alerte.

Femme pratiquant une technique de respiration pour favoriser l'endormissement naturel et calmer le système nerveux

Technique 1 – Stabiliser le système nerveux (90 secondes)

Lorsque vous sentez que le sommeil ne vient pas :

1. Posez les pieds bien à plat (même sous la couette)
En effet, cela envoie un signal d’ancrage au système nerveux.

2. Relâchez consciemment la mâchoire et les épaules
Ces deux zones portent énormément de tension inconsciente.

3. Allongez l’expiration
Inspirez normalement, puis expirez deux fois plus longtemps.
Faites cela pendant 90 secondes, sans forcer.

Cette simple action peut donc suffire à faire baisser l’état d’alerte.

Technique 2 – Relâcher les zones de tension

Passez mentalement en revue les trois zones clés :

La gorge : Tout d’abord, imaginez-la se détendre. Visualisez ensuite un espace qui s’ouvre.

Le plexus : Posez une main dessus. Puis, respirez lentement en imaginant cette zone se relâcher progressivement.

Le ventre : Enfin, laissez-le se gonfler à l’inspiration, sans retenir. Acceptez qu’il soit détendu.

Ce n’est pas une méditation complexe. C’est simplement une attention bienveillante portée au corps.

Technique 3 – Sortir du lit intelligemment

Si après 20-30 minutes vous ne dormez toujours pas, sortez du lit.

Allez dans une autre pièce.
Ensuite, faites une activité calme : lecture, écriture, coloriage, écoute d’un podcast apaisant.
Évitez néanmoins les écrans lumineux.

Attendez que la sensation de sommeil revienne (paupières lourdes, bâillements).
Puis retournez vous coucher.

Cette technique reconditionne le cerveau : le lit = sommeil, pas lutte.

Quand l’insomnie d’endormissement vient d’une relation ou d’un contexte

Très souvent, l’insomnie d’endormissement apparaît ou s’aggrave après :

  • une séparation,
  • une relation émotionnellement lourde,
  • un conflit non résolu,
  • une période de forte pression professionnelle ou familiale.

Dans ces cas, le corps reste mobilisé parce qu’il porte encore une charge émotionnelle active.

Le mental peut avoir « compris » la situation. Vous savez intellectuellement que c’est terminé, que vous devriez passer à autre chose.

Cependant, le corps, lui, continue à réagir comme si le danger était encore présent.

👉 Pour comprendre ce mécanisme après une séparation, vous pouvez lire l’article sur séparation et sommeil.

C’est pour cela que « se raisonner » ou « essayer de penser à autre chose » ne fonctionne pas. En effet, ce n’est pas un problème de pensées. C’est plutôt un état corporel.

L’insomnie d’endormissement peut-elle vraiment s’améliorer ?

Oui, absolument.

Lorsque le corps retrouve progressivement un sentiment de sécurité intérieure, l’endormissement redevient plus naturel.

Il faut comprendre que cela ne se fait généralement pas d’un coup. En effet, le système nerveux a besoin de temps pour réapprendre à lâcher prise.

Mais lorsque la charge émotionnelle est identifiée, lorsque les tensions corporelles sont relâchées progressivement, le corps cesse de maintenir cette vigilance permanente.

Ainsi, les nuits commencent à changer :

  • d’abord, l’endormissement devient plus rapide,
  • ensuite, la sensation de lutte diminue,
  • finalement, le corps retrouve sa capacité naturelle à basculer vers le repos.

Néanmoins, cela demande un accompagnement ajusté, respectueux du rythme du corps.

👉 Pour découvrir une approche progressive, vous pouvez lire l’article sur retrouver le sommeil sans lutter.


FAQ – Insomnie d’endormissement

Pourquoi je n’arrive pas à m’endormir alors que je suis épuisée ?

Parce que la fatigue physique ne suffit pas si le système nerveux reste en alerte. En effet, le corps peut être épuisé tout en percevant un danger émotionnel non résolu.

Est-ce grave si je mets plus d’une heure à m’endormir tous les soirs ?

Ce n’est pas « grave » au sens médical, mais c’est certainement un signal important. Cela indique effectivement que le corps n’arrive plus à basculer naturellement vers le repos.

L’insomnie d’endormissement peut-elle être liée au stress ?

Oui, absolument. De fait, le stress émotionnel prolongé maintient le système nerveux en hyperactivation, ce qui empêche directement l’endormissement.

Que faire si je ne dors toujours pas après 30 minutes au lit ?

Dans ce cas, sortez du lit. Allez ensuite dans une autre pièce. Faites une activité calme jusqu’à ce que la sensation de sommeil revienne, puis retournez vous coucher.

Est-ce que les ruminations nocturnes sont liées à l’insomnie d’endormissement ?

Souvent, oui. En effet, les ruminations apparaissent lorsque le corps reste en alerte et que le mental cherche à « résoudre » ce qui maintient cette vigilance.

👉 Pour comprendre ce lien, vous pouvez lire l’article sur les ruminations nocturnes.

L’insomnie d’endormissement peut-elle venir d’une relation difficile ?

Oui, tout à fait. Une relation lourde ou une séparation peuvent maintenir le corps en vigilance émotionnelle, ce qui bloque directement l’endormissement.

Combien de temps faut-il pour que l’insomnie d’endormissement s’améliore ?

Cela dépend de la cause et de la durée du trouble. Cependant, avec un accompagnement adapté, les premières améliorations peuvent apparaître en quelques semaines.

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